Les premières années

Les douze premiers mois ont été des mois d'adaptation. J'ai dû apprendre à partager avec des gens que je ne connaissais pas. Par exemple, manger avec des dizaines de filles était pour moins une nouvelle expérience pas très agréable. Les repas étaient nutritifs, biens préparés, mais nous avions droit au stricte minimum.

Non pas que les portions étaient minuscules ou que nous n'avions pas la possibilité d'en reprendre si nous avions faim d'avantage cette journée là.

En vérité. durant toutes ces années passé au couvent; les choses étaient pensées en fonction qu'il n'y ait jamais de gaspillage. Pour la nourriture c'était cette règle srticte que les Soeurs appliquaient.

Mainetant, rendu à l'âge adulte, je comprends mieux toutes ces règlements; ils étaient essentiels si les Soeurs voulaient pouvoir nourrir, habiller et loger adéquatement, tous ces enfants qui, autrement se seraient retrouvé, dans la rue. La nourriture faisait partie de ces besoins essentiels; il fallait donc gérer les resources avec intelligence et savoir-faire.

Pour nous, cela sous-entendait qu'l n'y avait pas de place pour les fines bouches. Il fallait manger ce que les soeurs nous préparaient et nous devions nous habituer à ne rien laisser dans notre assiette. Les reste du la vielle nous étaient réservit le lendemain, et tant pis si cela n'était pas à notre goût!

Ne l'oublions surtout pas: les soeurs avaient des centaines de bouches à nourrir. La tâche n'était pas facile. Cependant je peux l'affirmer, durant toutes ces années; je n'ai jamais manqué de nourriture; tous nos besoins de bases étaient comblés. Les soeurs pouvaient quelques fois être sévères, mais elles pouvaient aussi être justes. Chacune d'entre nous recevions ce que tout enfant de notre âge avait de besoin. Les Soeurs nous ont en quelque sorte sauvées de la rue; un destin cruelle s'il en est un, pour tout enfant. Indéniablement je peux l'affirmer rendu à mon âge.

Je sais et je connais les récriminations de plusieurs qui ont séjourné pour un temps plus ou moins long dans une communauté religieuse. Je ne cherche pas à nier que certains aient pu souffrir de leur passage dans ces instituions. Mais mon expérience est somme toute positive. Il serait malhonnête de ma part d'affirmer le contraire.

Je le répète; les Soeurs m'ont sauvé des affres de la rue. Elles m'ont permis de me bâtir une personnalité positive et de recevoir une éducation qui, aujourd'hui fait de moi une adulte "qui a de l'allure" comme le dit l'expression populaire. Avec le recule, je peux affirmer que c'est la meilleure chose qui me soit arriver. Quelle sorte de personne serait-je devenue sans elles?

Au début il y a eut une période d'adaptation normale et nécessaire.

Mais très rapidement je me suis fait à ma nouvelle vie. Les journées étaient ryhtmées par une routine qui permettait à toute cette marmaille fr cohabiter les unes avec les autres.

L'encadrement des Soeurs que je considérait comme une prison et une attente à ma liberté, s'est avéré être une structure bénéfique dans lauqelle j'ai pu évoluer et grandir sécurisé par des gestes que nous devions répéter tous les jours. Cette routine devenait un cadre dans lequel j'ai pu croître sachant de quoi serait fait le lendemain. Pour un enfant de 7 ans, c'était très rassurant. Sans en voir conscience, le mode de fonctionnement des Soeurs donnait un sens à toute cette organisation.