Pour pouvoir prendre en charge leurs nouvelles responsabilités, les Sœurs de la Charité de Montréal, administratrice de l'Hôpital Général, doivent alors résoudre un problème de taille, celui du financement de l'Ordre. Or, la congrégation était, à son départ, une compagnie de filles purement séculières, unies entre elles par les liens de la plus pure charité.
Dans leurs débuts, les Sœurs vont réussir à résoudre cette importante question, d'une part grâce à leurs biens personnels, d'autre part par la prise en charge des possessions des Frères Charron. De plus, l'aide financière apportée par le Séminaire de Saint Sulpice ainsi que par le Gouvernement colonial n'est pas à être mis de côté.
Par la suite, les Sœurs de la Charité vont acquérir un certain nombre de terres situées sur l'île de Montréal, puis par la suite d'autres situées à Châteauguay, où elles feront d'ailleurs construire un moulin.
Par contre, certains problèmes sont rencontrés lorsqu'il s'agit d'archiver la situation financière des Sœurs Grises, notamment le manque de rigorisme dans leur archivage financier. Ainsi, il est difficile de retracer les revenus annuels provenant des différentes terres, ainsi que la part de la dot amenée par les novices.
À la chute du régime seigneurial au Canada, les Sœurs vont alors consacrer une certaine partie des chambres de l'Hôpital général à l'accueil de femmes pensionnaires pour combler leurs besoins monétaires. L'apport direct de divers mécènes et du gouvernement est alors, lui aussi, très important. De plus, les Sœurs elles-mêmes refusent de s'opposer au changement de régime terrien1.
Finalement, il faut aussi mentionner l'apport considérable des travaux manuels dans les revenus de l'Institut. Ces ouvrages sont très diversifiés ; travaux d'aiguille, blanchissage, fabrication d'hosties, de cierges, de bougies, de lampes, mais aussi la confection de différents statuaires, notamment celle d'Enfants-Jésus de cire.
Notre arrivé au Couvent
Nous sommes arrivé au couvent toutes les cinq.. Pour nous s'était ça ou la rue. Comme plusieurs familles à l'époque, nous étions pauvres. Les Soeurs devenaient notre unique refuge.
Les premiers jours nous avons dû apprendre à nous habituer à de nouvelles règles, à un nouveau mode de vie. Nous étions centaines dans ce couvent pour filles, et ils fallait respecter les règles à la lettre. Malheur à celles qui étaient un peut lente ou qui ne se conformaient pas aux lois édictées par ces femmes. Nous savions que le couvent était en quelque sorte leur territoire. Nous étions des étrangères pour elles. Mais elles avaient fait voeux de pauvreté et d'obéissance. elles devaient prendre soin de nous. C'était leur missions, et elles le savaient.
Peu à peu nous avons apprivoisés notre nouveau "chez nous". Quelques mois plus tard, déjà nous nous sentions plus à notre aise.
Le dortoir fut l'endroit le plus difficile à s'habituer. Dormir avec ces centaines de filles, toutes inconnues. Nous avons dû apprendre à faire quelques concessions et surtout à respecter le petit territoire des autres: si bous voulions que les autres en fassent de même, nous n'avions pas le choix.
